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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 15:25

LA GAUCHE EN QUESTION. QUELLES APPROCHES DU POLITIQUE AUJOURD’HUI ?

https://i0.wp.com/www.institut-tribune-socialiste.fr/wp-content/uploads/2014/08/ITS-Ph3.jpg?resize=72%2C72 INSTITUT TRIBUNE SOCIALISTE

Rencontre-débat avec Piero Ignazi et Henri Rey
Jeudi 18 mai 2017 à 18h 30

Les diverses élections et consultations démocratiques en cours en France, en Europe et dans le monde, portent à chaque fois sur des enjeux spécifiques, mais elles ont en commun de faire apparaître un certain nombre de problématiques fondamentales qui méritent d’être débattues : la crise des partis de gouvernement et de façon plus générale la distance entre les citoyens et les partis, la montée des partis autoritaires, la possibilité ou non de constructions alternatives aux systèmes actuels…
S’il n’est pas possible dans une soirée d’aborder l’ensemble de ces questions du moins peut-on tenter d’esquisser des pistes de réflexion, certes nourries par l’actualité, mais surtout susceptibles de participer à un renouvellement des pensées, des réflexions, des actions politiques.
Piero Ignazi et Henri Rey ont une bonne connaissance de la situation politique française et européenne notamment. Ils pourront nous aider à avancer dans cette réflexion.

Piero Ignazi enseigne la politique comparée et les systèmes politiques européens à l’Université de Bologne, au département des sciences politiques et sociales. Il a travaillé en particulier sur l’extrême droite en Europe.

Henri Rey est directeur de recherches au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po – Paris). Ses recherches portent principalement sur les comportements politiques dans les périphéries urbaines, le militantisme partisan et la démocratie participative.

Institut Tribune Socialiste, 40 rue de Malte 75011 Paris
(M. Oberkampf ou République)
Entrée libre

 

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 15:19

SÉMINAIRE « IMPÉRATIF TRANSITION »

Débat : LES COMMUNS, OUTILS DE TRANSITION

Mercredi 10 mai 2017 18h

Le Maltais Rouge 40 rue de Malte Paris 11ème (Entrée libre)

 

Intervenant : Benjamin Coriat, professeur d’université, directeur des programmes de recherche sur les Communs PROPICE et « Entreprendre en commun », économiste atterré.

Discutants : Pierre Thomé auteur de l’ouvrage « qual avenir pour les communs, Marie Chéron membre d'un groupe d'habitat participatif, responsable mobilité a la Fondation Nicolas Hulot.

 

Les « communs », qui perdurent parmi les peuples premiers, sont remis à l’ordre du jour par les travaux d’Elinor Ostrom qui a observé et théorisé la supériorité, du point de vue de l’efficacité, de l’auto-organisation de communautés autour de la préservation de ressources naturelles. Dans le monde numérique contemporain, on compte des communs remarquables : Wikipedia, les logiciels libres, ….

La définition très générale d’Elinor Ostrom « les biens communs (ou simplement communs) sont des ressources, gérées collectivement par une communauté selon une forme de gouvernance qu’elle définit elle-même » recouvre une grande diversité de réalisations, quant à la nature de la ressource (bien matériel ou immatériel), aux objectifs poursuivis (préserver la ressource/ la développer,…), à la dimension de la communauté (d’une communauté locale autour d’une pêcherie aux communs mondiaux que sont les communs numériques), aux modes de gouvernance choisis, …

Les caractéristiques des communs suscitent l’intérêt, à l’heure où l’organisation économique démontre son impuissance à endiguer les dommages environnementaux et sociaux (tout en prétendant élargir la sphère des biens privés) et où les hommes de plus en plus nombreux aspirent à refuser un statut de spectateur passif des dégâts présents et futurs. En effet

- L’auto-organisation, principe de base des communs, combat l’atomisation des citoyens, consommateurs et producteurs. C’est le lien social retrouvé, l’inclusivité.

- L’auto-organisation, pédagogie démocratique, permet, par l’expérience, de balancer droit et responsabilité.

- L’auto-organisation remet au centre de l’objectif poursuivi le « bien vivre » dans les limites écologiques », indépendamment du gain financier.

- L’auto-organisation libère la créativité humaine et porte en germe une meilleure adaptation et une plus grande résilience aux chocs…

Les réalisations concrètes de communs en prenant place au côté du couple jusqu’ici exclusif - gestion publique/gestion par les marchés -, développent des alternatives porteuses de l’espoir d’une reconquête du pouvoir d’agir collectivement. La construction patiente d’une gouvernance mondiale polycentrique reposant sur les communautés de base dessine une alternative au multilatéralisme des Etats impuissant à protéger durablement les biens communs mondiaux, dans l’affrontement des intérêts nationaux.

 

 

SÉMINAIRE « IMPÉRATIF TRANSITION »
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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 14:22

 

 

De la social-démocratie au social-libéralisme (Bernard Ravenel)

 

On peut remonter à John Stuart Mill, économiste et philosophe anglais du 19è, espérant concilier libéralisme économique (dont il est le chantre) et justice sociale.

 

Son instauration naît des crises du modèle social-démocrate. Suite à la crise de 1929, la social-démocratie avait intégré un keynésianisme fondé sur l’accumulation et la croissance, conjuguées à une répartition plus égalitaire de leurs fruits.

En 1945, grâce à un rapport de forces favorable, le monde du travail impose l'Etat social ou l'Etat providence (Welfare state). Ce modèle réussit à assurer le plein-emploi et la hausse des salaires, à instaurer des droits sociaux (la Sécu!) et un pouvoir syndical. Il y a un certain équilibre entre croissance du capital (modèle tayloriste-fordiste) et croissance du travail. Le conflit se présente comme moteur, activant le développement économique, « bien commun » que le prolétariat avait intérêt à s'approprier pour mieux le répartir

La baisse des profits due en particulier aux salaires élevés grâce à la mobilisation syndicale (cf 68) provoque une contre-offensive libérale (économique, sociale, idéologique...) s’appuyant sur les rencontres de la Trilatérale (organisation de dirigeants politiques et patronaux d’Europe d’Amérique et du Japon).

Elle débouche sur l’expérience Chilienne après le coup d’état de 73, où les « Chicago boys » de Milton Friedman imposent une économie capitaliste libérale. Il s’agit de rétablir le pouvoir patronal.

Ce phénomène culmine dans les années 80 avec Thatcher et Reagan, alors que la « gauche » arrive au pouvoir en France.

 

Face à cette offensive, le PS français coincé par l'environnement néo-libéral ne résiste pas et cède en 1983 en restant dans le système européen qui impose les lois du marché. Mitterrand applique alors un nouveau compromis au rabais : acceptation des règles du marché contre mesures sociales (CSG, début de RTT, lois Auroux). Mais le chômage persiste.

 

Ce compromis éclate dans les années 90. Le modèle est en crise sous l’effet des mutations technologiques qui permettent au patronat de bouleverser le marché du travail par le chômage, de la mondialisation de l’économie, du ralentissement de la croissance qui pèse sur le financement public des protections sociales.

Il y a une rupture d'équilibre des forces entre partenaires sociaux, au profit des détenteurs privés du pouvoir économique et au détriment des salariés et de l'Etat. En outre on ne peut plus contrebalancer les forces du marché dans le cadre national

 

Dans ce contexte, au Royaume Uni, le « New Labour » assume le virage libéral. Toni Blair au pouvoir ne remet pas en cause les contre-réformes de Thatcher. En Allemagne Schroder emprunte le même chemin. C'est la « Troisième voie ».

En France, le PS assume un recul du compromis social. On en est au « compromis défensif » qui n'empêche pas l'explosion des inégalités, la précarisation du travail, la réduction du niveau de protection sociale et la multiplication des travailleurs pauvres. Devant cette situation, ce qui reste de la social-démocratie se partage entre trois options :

  • la gauche social-démocrate s’accroche au modèle productif ancien,
  • les sociaux-libéraux pensent obtenir des garanties sociales en échange d’une plus grande libéralisation de l’économie
  • d’autres prônent un néo-keynésianisme à l’échelle du continent, dans une construction européenne qui serait le cadre d'une nouvelle politique économique, source d’ un nouvel Etat protecteur, de droits nouveaux, d’une démocratie sociale et participative, d’une transition énergétique écologique, vers un autre modèle économique et social non productiviste, vers une autre civilisation...et un autre rapport Nord-Sud...

En l'état aucune force de gauche n'est en état de penser et d'initier cette perspective alternative au social-libéralisme.

De fait le social-libéralisme finit par se réduire à un pur libéralisme.

 

Social libéralisme et libéralisme. (Benjamin Coriat)

 

La question de fond qui traverse la pensée économique est la suivante : le marché est-il auto-régulateur ?

Les libéraux pensent que oui et qu’il faut laisser le marché sans entrave réglementaire. C’est lui qui permettra la meilleure allocation des ressources et la meilleure répartition des revenus.

Les sociaux-démocrates pensent l’inverse.

Pour Keynes le marché n’est pas régulateur. De leurs côté, Bismarck en Allemagne à la fin du 19e siècle, Beveridge en Angleterre après la seconde guerre, instaurent un état social.

 

Dans les faits, l’état néo-libéral est très interventionniste. Il réglemente à tour de bras pour donner toute sa puissance au Marché. Sur la question de la crise écologique par exemple, les libéraux veulent supprimer les contraintes à l’exploitation des gaz de schiste plutôt que de pratiquer une politique active de conversion énergétique.

La social démocratie elle, mène des politiques industrielles et des politiques de redistribution sociale.

Pour Hayek et la société du Mont Pèlerin (réunissant les économistes libéraux depuis la seconde guerre mondiale), le marché n’est pas parfait mais c’est un moindre mal par rapport à l’intervention de l’Etat : faire contre le Marché c’est pire que de le laisser faire. Pour eux, la déréglementation est la solution pour sortir de la crise du fordisme.

Face à cette pensée, c’est actuellement le désert idéologique chez les sociaux-démocrates. D’autant que la libre concurrence s’est avérée indispensable pour parvenir rapidement à unifier l’Europe. Mais dans leur discours, cela ne devait être qu’un passage provisoire, le temps de cette construction.

Dans les faits, Jospin finit d’insérer la France dans l’économie et la finance mondialisées, mais avec un dernier filet de protection sociale, qui finit par disparaître avec Hollande et Valls Ces derniers font toute confiance aux entreprises pour trouver les bonnes solutions. C’est donc l’ajustement par le Travail qu’ils vont privilégier.

 

Une attaque des protections sociales (Cécile Drilleau)

La relation entre salarié-es et patrons est inégalitaire. Le droit du travail s’est construit sur ce constat en encadrant la liberté d’entreprendre afin de rééquilibrer cette relation. C’est le sens des lois prises dès le milieu du 19e siècle limitant le temps de travail (certes dans le but de contenir les revendications ouvrières) ou de celle sur la négociation collective votée dès 1910 aboutissant en 1954 à la législation sur les conventions collectives, ou encore la reconnaissance du fait syndical et de la représentation du personnel dans l’entreprise (CE, Délégués Syndicaux, CHSCT…).

 

Il y a toujours eu des dérogations en droit du travail permettant de restreindre les droits des salariés mais ce quinquennat a clairement réalisé un véritable travail de sape pour démolir cette législation qui a été entrepris pour libérer la concurrence entre les entreprises :

  • en inversant la hiérarchie des normes : le principe de « faveur » faisait qu’on appliquait toujours le texte le plus favorable au salarié. La loi Travail continue à l’inverse de développer les cas de la primauté de l’accord d’entreprise vis-à-vis de l’accord de branche[1], même s’il est moins favorable que ce dernier.
  • en valorisant la « négociation à la base », plus fictive que réelle. Aujourd’hui, 10% des entreprises éligibles à ce système ont des accords d’entreprise : de fait il n’y a pas de négociation, faute de syndicats, en raison de la discrimination syndicale que subissent les militants
  • en matière de durée du travail : en facilitant le travail du dimanche, en augmentant la durée du travail maximale hebdomadaire moyenne, en décomptant du temps de travail sur une durée pouvant atteindre trois ans, ce qui permet de ne plus majorer le paiement des heures supplémentaires, etc

 

Les femmes sont particulièrement touchées, car elles travaillent dans des secteurs défavorisés, déjà mal payés, aux horaires atypiques, à forte proportion de temps partiels et de précarité et qui plus est peu syndiqué. Toucher aux heures supplémentaires et à l’organisation du temps de travail, c’est toucher à des éléments essentiels de leurs conditions de vie et de travail.

 

Enfin, ce quinquennat a continué à réduire le poids des institutions intervenant dans la relation de travail :

  • En encadrant et en professionnalisant les conseils des Prud’hommes, ce qui délégitime le rôle des juges non- professionnels
 

[1] Limité pour l’instant à quelques domaines

  • En réduisant les effectifs de l’inspection du travail, en touchant à son indépendance et mettant en place des processus de dépénalisation du droit du travail (« les patrons ne sont pas des délinquants »)
  • En réduisant la présence de la médecine du travail et en lui demandant d’assurer pour l’employeur la sélection médicale des salariés, et non plus d’intervenir pour que les conditions de travail qui s’améliorent pour que les salariés puissent continuer à travailler.

 

Le social libéralisme glisse-t-il vers un libéralisme autoritaire ? (Dominique Noguères)

Nous vivons actuellement une période qui remet en cause le vivre ensemble et la solidarité.

Le libéralisme, pour pouvoir se maintenir, a besoin d’utiliser la force et de prôner un autoritarisme fort en cassant les solidarités et en prônant l’individualisme sous couvert d’une plus grande liberté d’action.

Nous le voyons aujourd’hui par les diverses mesures qui sont prises et par les attaques sans précédents qui touchent les syndicalistes.

La réforme du Code du travail en est la parfaite illustration en permettant ainsi aux patrons de gérer leur entreprise sans avoir le sentiment d’être entravés par des règles protectrices des salariés.

La répression policière et judiciaire qui s’est déployée en 2016 a eu pour but de maintenir ceux qui protestaient sous pression afin de faire taire toute contestation.

L’état d’urgence ne vise pas seulement ceux qui enfreignent la loi, mais englobe aussi ceux qui contestent.

Face à cette vague répressive, il faut réinventer un projet de société et cesser de faire croire que le libéralisme c’est la liberté.

 

 

Débat avec la salle

 

Le social-libéralisme ne se réduit-il pas en fait à un simple libéralisme ? Les orateurs et oratrices sont unanimes à reconnaître que le caractère social est avant tout fictif et que nous vivons en fait un pur et simple libéralisme.

L’importance des différentes crises sociale (écologie, travail, solidarité internationale, états-nations) est abordée. Le droit de propriété face à tous les autres droits est exacerbé. La répression devient indispensable pour mettre hors d’état de nuire ceux qui s’y opposent. Tout juste tolère-t-on des sociétés parallèles en marge qui ne remettent pas en cause le système.

Un participant fait même le rapprochement entre la situation actuelle et le social-colonialisme instauré par la SFIO dans les colonies et contre le quel le PSU s’est créé.

 

Conclusions des orateurs-trices

 

Benjamin Coriat résume ainsi la crise du libéralisme : il échoue par la désagrégation sociale, le chômage de masse, les crises majeures à répétition. De plus il n’arrive pas à être totalement hégémonique. L’usage de la force lui est donc indispensable.

Bernard Ravenel rappelle que c’est bien par la répression féroce des syndicats que le modèle s’est imposé : Thatcher a liquidé le syndicat des mineurs et Reagan a commencé sa présidence en licenciant les contrôleurs aériens en grève.

 

Face à cette crise, nous dit Dominique Noguères, nous devons nous réapproprier la politique quand les institutions actuelles nous en empêchent.

Pour Benjamin Coriat, il faut mettre en avant les biens communs : l’eau, l’air, les ressources naturelles appartiennent à toute l’humanité. Plutôt que de parler de fin du travail, il souligne l’existence de zones grises du travail, de secteurs économiques et de classes sociales marquées par l’absence de travail.

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 20:47
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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 19:20
AGRESSION CONTRE LA MAISON DES PASSAGES A LYON
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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 16:32
I.T.S  Newsletter  n°25  septembre 2015

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 13:09

LA PAUVRETÉ ET LES TERRITOIRES

INSTITUT TRIBUNE SOCIALISTE

Jeudi 18 juin 18h 30
Michel Kokoreff, Evelyne Yonnet

Les habitants des quartiers populaires cumulent les difficultés sociales et sont tout particulièrement confrontés à un déficit de représentation politique. Face à l’incapacité des partis de gouvernement à répondre aux réalités sociales vécues par les classes populaires et moyennes, aux déchirements de la gauche radicale, à l’omniprésence du FN dans le débat public, la défiance et l’hostilité se sont durablement installées. Peut-on dans ce contexte ne pas désespérer du politique ?

Michel Kokoreff est professeur de sociologie à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis et directeur adjoint du Centre de recherches Sociologiques et Politiques de Paris (CRESPPA, UMR CNRS 7217). Il a notamment publié La Force des quartiers, Paris, Payot, 2003, Sociologie des émeutes, Paris, Payot, 2008,Une France en mutation, Payot, 2012 (avec Jacques Rodriguez) et Refaire la cité. L’avenir des banlieues, La République des idées/Le Seuil, 2013 (avec Didier Lapeyronnie).

Evelyne Yonnet, militante socialiste (au PSU puis au Parti socialiste) a toujours milité à Aubervilliers. Elle a été conseillère générale du canton d’Aubervilliers-Est de 2004 à 2011, 1ère adjointe à la mairie d’Aubervilliers de 2008 à 2014, chargée de la santé, de l’habitat insalubre et des ressources humaines. Elle est actuellement conseillère municipale d’opposition, et sénatrice de la Seine-Saint-Denis, membre de la Commission des affaires sociales.

40 rue de Malte 75011 Paris (Métro Oberkampf ou République)
Entrée libre

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 17:41

Intervenants et intervenantes :

Michel Buisson, agroéconomiste, auteur de « Conquérir la souveraineté alimentaire »,

Marc Dufumier, agronome et auteur de « Cinquante idées reçues sur l'agriculture et l'alimentation »

Claude Girod, responsable pour l’Europe du groupe de travail "commerce" de La Via Campesina

Claire TAUTY, présidente du réseau des AMAP de Picardie.

Michel Buisson rappelle la définition issue de la déclaration de Nyéléni de La Via Campesina

« … la Souveraineté alimentaire est le droit des peuples à une alimentation saine, dans le respect des cultures, produite à l'aide de méthodes durables et respectueuses de l'environnement, ainsi que leur droit à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles. …»

Puis le débat se déroule en deux temps.

1. La situation

Sécurité alimentaire

En trente ans, le nombre de sous-alimentés ou de mal-nourrits n’a pas baissé dans le monde et reste autour d’un milliard, même si l’ONU se targue d’un succès en pourcentage de la population mondiale. La malnutrition augmente même dans les pays du nord comme la France.

Pourtant on a de quoi nourrir la population mondiale.

Un individu a besoin de 200 kcals par jour alors qu’on en produit 330 par jour. La différence correspond au gaspillage provoqué par le système, à l’usage industriel des végétaux (pour faire du carburant par exemple) et l’excès de la consommation de viande.

La faute du système

Le système agricole et alimentaire mondial se caractérise par le pillage des ressources du sud. Il est fondé sur des accords de libre-échange favorables aux sociétés transnationales et à l’agriculture industrielle des pays du nord. En Europe même, la politique agricole commune favorise les grosses exploitations.

La liberté des marchés favorise la spéculation sur les denrées.

La question de l’accès à la terre est un enjeu pour les populations paysannes du sud (notamment les « sans terre ») face à l’accaparement des terres par les grandes entreprises ou/et certains pays.

Claire Tauty indique que même en France, il est difficile d’y accéder quand on n’est pas « héritier » d’autant que l’usage non agricole des terres restreint les surfaces disponibles. Les communes et donc des citoyens ont un rôle important à jouer pour éviter le mitage du territoire.

Nourrir demain

Le monde devra répondre à deux défis.

Celui, d’abord, de faire vivre une population nombreuse de paysans au sud qui ne pourra, comme ce fut le cas dans l’hémisphère nord dans des conditions effroyables au 19è siècle, se reconvertir en ville. Il s’agit de les retenir à la terre pour éviter un désastre social et écologique.

Celui ensuite de l’appauvrissement des sols et du patrimoine végétal et animal lié à l’exploitation industrielle.

Pollutions et sélection génétique ont en effet entraîné la raréfaction des variétés cultivées.

En amont la production d ‘engrais et la sélection/fourniture des semences et en aval l’agro-industrie, tout concourt à la standardisation des productions et la fragilisation des éco-systèmes.

Face à ces défis, il est crucial de promouvoir une agriculture paysanne, respectueuse des populations et de la nature. C’est le contraire de la tendance actuelle.

2. Quelles solutions ?

Une autre agriculture

Marc Dufumier plaide pour le retour à une polyculture et à des méthodes peu consommatrices d’intrants.

La solution aux algues vertes par exemple ne se trouve pas dans la méthanisation industrielle des déjections porcines. La diversification des cultures permet de transformer naturellement l’azote et le carbone en humus et de capter le méthane et le gaz carbonique dans le sol, tout en évitant le recours à des engrais chimiques.

Cela nécessite de rompre avec l’agriculture industrielle.

Une autre alimentation

Claire TAUTY insiste sur le rôle des circuits courts.

Les AMAP construisent des liens avec le monde paysan. L’aide alimentaire (ici et au sud) doit s’appuyer sur une autre façon de produire, transformer, distribuer et consommer.

La santé est liée à nos modes d’alimentation. C’est à travers un travail social fondé sur l’éducation à une autre alimentation que l’on doit aborder la question.

L’entrée des acteurs commerciaux dans les circuits courts a été évoquée. Est-elle condamnable ou permet-elle de promouvoir une autre alimentation? N’est-ce pas faire entrer le loup dans la bergerie ?

D’autres règles

Marc Dufumier propose trois pistes :

  • remettre des droits de douane sur les importations de soja qui sont à la source de l’élevage industriel
  • rémunérer les agriculteurs bio pour la protection de l’environnement et l’économie de matières premières
  • redistribuer les aides agricoles vers la consommation de produits bio dans la restauration collective

Ce dernier point soulève débat.

Claude Girod craint que cela ne revienne à subventionner Sodexho, Avenance et autres grosses entreprises capitalistes ? Pour elle, s’il faut des subventions, elles doivent aller aux paysans et pas aux terres, car il faut des paysans nombreux (refus du modèle américain qui s’impose en Europe).

Elle revendique la reconnaissance du travail des femmes en agriculture et de celui des immigrés employés dans des entreprises agricoles. C’est un point d’opposition entre le modèle de la FNSEA qui siège avec le patronat lors des négociations sociales (ce syndicat est membre du MEDEF) et celui de La Confédération Paysanne qui siège quant à elle avec les salariés.

Michel Buisson préconise d’établir au niveau de l’ONU un droit international reconnaissant la souveraineté alimentaire des peuples, justifiant le recours aux droits de douane pour protéger leur modèle agricole et condamnant le dumping sous forme d’aides directes ou indirectes aux exportations du Nord.

Claire TAUTY défend le fait d’encourager des logiques de relocalisation des filières agricoles en lien avec des actions de développement.

Créer un mouvement social

Les intervenants et intervenantes convergent sur la nécessité de créer un mouvement social capable de porter ces changements.

Michel Buisson parle de construire une unité populaire entre paysans, travailleurs et consommateurs

Claude Girod insiste sur l’importance des expériences locales qui ont valeur d’exemple devant l’opinion et face aux pouvoirs publics. Elles font le lien entre local et global.

Claire TAUTY cite l’exemple du programme européen « Hungry of rights » (« Faim de droits ») en faveur des systèmes alimentaires alternatifs, qui forme des animateurs locaux dans le but d’qui vont interpeller les acteurs et de créer un conseil local alimentaire.

Le terme de souveraineté alimentaire étant peu compréhensible par les gens, dans cette recherche d’unité, il faut lui préférer, au niveau local, celui d’autonomie (réappropriation des décisions sur l'agriculture et sur l’alimentation du territoire)et ne l’utiliser que pour les échanges dans les milieux « avertis » et à propos des niveaux international et national.

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 14:25
L’ÉGALITÉ SOUS CONDITION : GENRE, PARITÉ, DIVERSITÉ Mercredi 3 juin 18h 30 40 rue de Malte paris 11

Réjane Sénac, Monique Dental

En ce début de XXIe siècle marqué par la crise économique et par la défiance politique, comment comprendre le hiatus persistant entre l’égalité de droit proclamée par le pays des droits de l’Homme et les inégalités sociales et économiques qui le caractérisent ? L’enjeu de cet ouvrage est d’analyser ce qui résiste à l’application du principe d’égalité à celles et ceux qui ont été exclu.e.s historiquement et théoriquement de la fraternité républicaine, à savoir les femmes et les « non-blancs ». Il pose pour cela la question du sens du principe d’égalité, de ses justifications publiques, et des moyens à mettre en œuvre pour l’atteindre. L’analyse croisée de rapports, de discours, de données quantitatives et d’enquêtes qualitatives montre qu’en transformant les facteurs d’exclusion, puis de discrimination, en facteur d’inclusion, la promotion de la parité et de la diversité porte une égalité sous conditions de performance de la différence pour les « non-frères ». Afin que l’égalité retrouve un sens et une épaisseur politique, n’est-il pas temps de comprendre qu’elle est devenue un marqueur de respectabilité et de légitimité, instrumentalisé pour « enchanter » le tournant néolibéral ?

Réjane Sénac est chargée de recherche CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po – CEVIPOF. Elle a notamment publié L’invention de la diversité (PUF, 2012), L’ordre sexué – La perception des inégalités femmes-hommes (PUF, 2007) et le « Que sais-je ? » sur La parité (PUF, 2008). Elle vient de publier, aux Presses de Sciences Po : « L’égalité sous conditions: genre, parité, diversité ».

Militante associative et féministe de longue date, Monique Dental a fondé au milieu des années 1970 le Collectif Féministe « Ruptures ». Dès 1986, cette association a initié des pratiques paritaires dans le Mouvement Arc-en-Ciel. A partir de 1993, elle a coordonné les actions du premier collectif féministe « Femmes pour la Parité », puis celles du « Réseau Femmes et Hommes pour la parité. Au cours de son expérience professionnelle dans l’institution des Droits des Femmes, elle a été chargée de la mise en place du premier Observatoire de la parité en 1996 et 1997. Pour le Réseau Féministe « Ruptures », l’exercice d’une vraie parité femmes-hommes dans toutes les prises de décision politique, sociale, économique et culturelle symbolise « l’utopie d’une nouvelle citoyenneté ».

Institut Tribune Socialiste
40 rue de Malte 75011 Paris (Métro Oberkampf ou République)
Entrée libre

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 19:24
ITS FORCE ET FRAGILITÉ DU LIEN SOCIAL

Institut Tribune Socialiste

Serge Paugam

Rencontre le jeudi 21 mai à 18h 30

Serge Paugam est sociologue, directeur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris, directeur de recherche au CNRS et responsable de l’Equipe de recherches sur les inégalités sociales du Centre Maurice Halbwachs. Il travaille sur la pauvreté, la précarité et la solidarité. Ses recherches s’inscrivent dans une démarche comparative, à la fois quantitative et qualitative, des formes de la pauvreté dans les sociétés modernes, notamment en Europe.

Responsable de la collection « Le lien social » aux PUF, il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont récemment « L’intégration inégale. Force, fragilité et rupture des liens sociaux » (PUF, 2014) et Vivre ensemble dans un monde incertain (Ed. de l’Aube, 2015). Dans ces ouvrages, il interroge le système social dans sa globalité en partant des différents types de liens sociaux (lien de filiation, lien de participation à des communautés électives, lien d’intégration professionnelle, lien de citoyenneté). Sa problématique repose sur l’hypothèse que l’intégration est inégale en raison de la fragilité intrinsèque des liens sociaux, de leur entrecroisement, et des obstacles que rencontrent les groupes sociaux pour se conformer aux systèmes normatifs qui encadrent ces liens : l’évolution des normes en matière de famille, les nouvelles divisions du monde du travail, le développement de la précarité professionnelle, la crise de confiance dans les institutions, la crise économique… interrogent notre modèle républicain qui repose sur la notion d’égalité et se réfère traditionnellement au principe de solidarité.

40 rue de Malte 75011 Paris
Entrée libre

Rencontres en juin

Réjane Sénac, Quel lien démocratie / parité / diversité
Mercredi 3 juin à 18h 3
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Michel Kokoreff, Jacques Salavator : La pauvreté et les territoires
Jeudi 18 juin à 18h 30

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